Mardi 7 juillet
Il y est des matins où il vaudrait mieux rester sous la couette, s’il ne faisait pas trop chaud.
Ils larguent les amarres à 9:00. La première écluse, celle de Fragnes, est encore endormie. Il lui faudra une demi-heure pour émerger.
Ils doivent patienter devant la deuxième écluse pour laisser passer la péniche-hôtel «Adrienne».
Le canal est couvert d’un tapis de lentilles. Sous les lentilles, quelques algues entravent l’hélice. La végétation encombre les portes des écluses qui peinent à manœuvrer.
Après 4.25 heures de navigation pour 12 kilomètres et 11 écluses, ils atteignent, trempés de sueur, leur port à Chagny.
«L’autre» retrouve «Pio» et «Damori», à l’arrière de la péniche «Denise».
Fragnes – Chagny
Gergy – Fragnes
Lundi 6 juillet
Ils reprennent la navigation à 8:30 h, comme s’il y avait une forme d’urgence. Vaincus par la chaleur, ils battent en retraite. Ils ont décidé de ramener le bateau à Chagny et de faire une pause sur terre ferme, à l’abri de vieilles pierres.
Même le vent a renoncé. «L’autre» laisse à la surface de l’eau lisse une trace élégante.
Après moins de deux heures, ils prennent à tribord l’embranchement de l’écluse de Crissey qui permet de monter sur le Canal du centre.
«L’autre» retrouve Fragnes qu’il connaît bien pour y avoir passé l’hiver, exilé de Chagny en raison de la mise à sec du bief. Demain, si tout va bien, il retrouvera son port d’attache.
Seurre – Gergy
Dimanche 5 juillet
Ils larguent les amarres peu avant 8:30. La silhouette de Seurre s’estompe à contre-jour. Pas un nuage pour contrarier un soleil qui se laisse aller.
Les restrictions liées à la sécheresse imposent des délais d’attente dans les écluses pour favoriser le regroupement des bateaux.
Après plus de trois heures de navigation, le ponton de Gergy est en vue. «L’autre» y trouve une place en jouant des coudes.
Le ponton est déglingué mais il est au pied d’une guinguette, «L’eau à la bouche».
Saint-Jean-de-Losne – Seurre
Samedi 4 juillet
Les escales d’une seule nuit semblent devenues la règle.
Ils quittent le ponton du camping, passent l’Atelier fluvial, le Quai national et poursuivent la descente de la Saône. «Si par Hasard», ce sera pour une prochaine fois.
Après un peu plus de deux heures de navigation, «L’autre» fait escale à Seurre dans un paysage familier.
Auxonne – Saint-Jean-de-Losne
Vendredi 3 juillet
Au retour, les escales sont aussi brèves qu’elles furent longues à l’aller.
Ils n’ont passé qu’une nuit à la halte fluviale d’Auxonne.
Contrairement aux prévisions, ils laissent à bâbord l’entrée du Canal du Rhône au Rhin.
Après deux heures de navigation, Losne est en vue. A tribord, le ponton du camping est disponible. «L’autre» a le choix de la place. Il prend celle qu’il préfère, à l’extrémité avale du ponton, derrière les roseaux.
Ils n’iront pas saluer Jeanne au bar à tapas «Si par Hasard», sur le Quai national. Il fait trop chaud. Ils prendront le repas du soir à la guinguette du camping.
Pontailler-sur-Saône – Auxonne
Jeudi 2 juillet
La vigilance canicule a été levée. Ils ne s’attarderont pas sous les marronniers de Pontailler.
Après deux heures de navigation, la silhouette d’Auxonne est en vue. Le clocher et la flèche de l’église Notre-Dame émergent derrière les bâtiments du Régiment avec au premier plan le Port royal.
Eux visent les pontons de la halte fluviale. Des places sont disponibles. «L’autre» trouve la sienne.
Mantoche – Pontailler-sur-Saône
Mercredi 1er juillet
Ils larguent les amarres, font demi-tour et redescendent la Saône.
L’écluse 18 d’Heuilley, la seconde de l’étape, hésite. Des bateaux l’ont sollicitée en amont et en aval. Elle ne se prépare ni pour les uns, ni pour les autres. Il faudra un téléphone à la centrale pour débloquer la situation.
Après un peu plus de 3 heures de navigation, l’entrée du port de Pontailler se présente à tribord. Le ponton sous les marronniers est libre. «L’autre» prend sa place habituelle, à l’extrémité ouest. Jeannot le pêcheur vient lui tenir compagnie.
Mantoche
Lundi 29 juin
Au milieu de la nuit un fort vent s’est levé. Les averses orageuses prévues se sont perdues en route. La température a un peu baissé. La vigilance canicule est passée au jaune.
Ils retrouvent avec plaisir Stéphanie et Christophe de l’épicerie-restaurant «La Capitainerie».
Il y a du mouvement au quai. Les compagnons d’escale changent. «L’autre» prolonge le séjour.
Pontailler-sur-Saône – Mantoche
Dimanche 28 juin
Ils larguent les amarres. «L’autre» peine à y croire.
La vigilance canicule est passée du rouge à l’orange. Des averses orageuses sont annoncées pour la fin de la journée et la nuit. Ils se risquent à quitter l’ombre protectrice des marronniers de Pontailler.
Sur le trajet, quelques nuages calment l’ardeur du soleil.
Ils amarrent le bateau à côté des saules décoratifs du quai de Mantoche.
Les nuages sont déjà allés voir ailleurs.
Pontailler-sur-Saône
Samedi 27 juin
Cela fera 10 jours que «l’autre» se planque sous les marronniers. Les compagnons de ponton changent ; lui, il reste.
Demain, les températures devraient commencer à baisser. Peut-être largueront-ils les amarres.
Pontailler-sur-Saône
Lundi 22 juin
«L’autre» n’est plus seul au ponton sous les marronniers.
Au cœur de la canicule, les places à l’ombre sont rares et recherchées. «L’autre» garde précieusement la sienne.
Ils prolongeront l’escale en attendant que la température baisse un peu.
Sauf circonstances particulières, ils ne publieront plus de notices avant la reprise de la navigation.
Pontailler-sur-Saône
Dimanche 21 juin
«L’autre» reste à l’ombre. Il hésite à en sortir au risque de suffoquer.
Le pic de chaleur est encore à venir. Dès demain, alerte rouge canicule.
Ils suivent scrupuleusement et sans grande difficulté les recommandations : «limiter les activités physiques et sportives» ; «boire plusieurs fois par jour».
Auxonne – Pontailler-sur-Saône
Alerte orange canicule.
«L’autre» connaît une planque pas trop loin d’ici.
Ils larguent les amarres vers 9:00. Après moins de 2.5 heures pour 17 kilomètres et 1 écluse, ils atteignent Pontailler. Le ponton sous les marronniers est curieusement vide. «L’autre» s’y installe, se met à l’aise, observe compatissant les bateaux au port écrasés sous le soleil.
Auxonne
Mercredi 17 juin
La guinguette au bord de l’eau, sous les platanes, est à moins de cinq minutes du ponton. Une épicerie comme ils les apprécient, privilégiant les produits régionaux, vient d’ouvrir à moins de dix minutes. Auxonne à de quoi plaire.
Ils ont pris une décision. Ils poursuivront en amont avec une prochaine escale à Pontailler-sur-Saône.
Ils savent où ils vont. Ils ne savent pas encore quand.
Auxonne
Mardi 16 juin
Sur la rive d’en-face, sous le saule pleureur, le banc attend les amoureux.
Ils hésitent : redescendre pour prendre le Canal du Rhône au Rhin ou poursuivre jusqu’à Mantoche avant de redescendre.
Aujourd’hui Ils n’ont pas l’esprit de décision.
«L’autre» patiente en espérant qu’ils aient les idées un peu plus claires demain.
Saint-Jean-de-Losne – Auxonne
Lundi 15 juin
Après une journée de farniente, ils larguent les amarres. «Schelter» reste seul au ponton du camping de Saint-Jean-de-Losne.
Ils fixent la destination au gré des circonstances. Contrairement aux prévisions, ils laissent l’embouchure du Canal du Rhône au Rhin à tribord et poursuivent sur la Saône jusqu’à Auxonne. L’occasion se présente pour «l’autre» de revoir «Tempinous» rencontré la saison dernière.
Ils trouvent une place, comme d’habitude, aux pontons au pied des locatifs du bord de Saône.
Saint-Jean-de-Losne
Samedi 13 juin
«Partis pour rester»
«C’est quand qu’on va où ?»
«L’autre» fredonne des paroles de circonstances.
Ils sont installés au ponton du camping de Saint-Jean-de-Losne et ne savent pas encore quand ils largueront les amarres.
Ils ont de la compagnie. Il ne reste plus une place libre. Le quai par contre est vide.
Seurre – Saint-Jean-de-Losne
Jeudi 11 juin
C’est le bal des bateaux-hôtels. La veille en fin d’après-midi, «Amacello» chasse «Lilas» du quai.
En début de journée, «l’autre» largue les amarres dans le sillage «d’Adrienne». Il ne craint pas d’être coincé dans la seule écluse de l’étape, la dernière à grand gabarit de la Saône.
Après deux heures de navigation, Saint-Jean-de-Losne est en vue. Ils passent le quai pour s’amarrer en amont, comme d’habitude, au ponton du camping, derrière les roseaux.