Chagny - Fragnes
Mardi 22 juillet
Soudain, le temps est compté.
Tout s’accélère. Le mouillage est suffisant pour une évacuation des bateaux. La veille, six bateaux sont déjà descendus à Fragnes. Aujourd’hui, à 8:30, c’est leur tour. «Giacomo» devant ; «Pio» derrière ; «l’autre» au milieu. Serrés dans les écluses pour économiser les bassinées. L’eau est rare en amont.
La navigation est fluide, sans attente aux écluses. Ils savent qu’ils ne rencontreront pas d’autres bateaux. Après 3.25 heures pour 12 kilomètres et 11 écluses, ils arrivent à destination.
Les échoués de Chagny se retrouvent à Fragnes.
Fragnes
Jeudi 24 juillet
Ils font escale à Fragnes ; le temps de mettre de l’ordre dans les idées.
Le départ de Chagny, pourtant attendu, fut un peu précipité.
Une saison qu’ils pensaient compromise s’ouvre soudain pour deux mois.
Ils rejoindront la Saône, c’est sûr ; il n’y a pas d’autres issues. Ils mettront le cap au Nord, c’est décidé. Pour la suite, les options sont peu nombreuses. Les conditions de navigation sur les canaux alentours sont mauvaises : limitations de mouillage, proliférations d’herbes, avaries sur ouvrages. Ils resteront vraisemblablement sur la Saône et choisiront les escales au gré des circonstances et des envies, comme d’habitude.
Ici, au pied de la terrasse d’un bistrot, ils prolongeront l’escale.
Fragnes
Samedi 26 juillet
«L’autre» n’est plus échoué ; pourtant c’est tout comme.
Ils paressent à Fragnes, découvrent des atouts insoupçonnés de la halte nautique. Ils connaissaient l’accueil chaleureux de la capitaine, le bistrot et la boulangerie. Ils apprennent qu’une ferme toute proche ouvre son magasin le samedi matin. Ils complètent leurs provisions.
Dimanche est en principe jour de repos.
Ils n’envisagent donc pas larguer les amarres avant lundi.
Fragnes - Gergy
Lundi 28 juillet
A un moment ou à un autre, il faut bien larguer les amarres.
Le vent de la veille s’est calmé. Le ciel est nuageux, mais ne lâchera pas de pluie. Les conditions sont favorables pour naviguer. Ils franchissent l’écluse de Crissey, une chute de 11 mètres, pour accéder à la Saône. La rivière est curieusement déserte pour un mois de juillet.
Après 2.75 heures de navigation pour 21 kilomètres et 1 écluse, ils amarrent le bateau au ponton de la halte de Gergy.
Au centre du village, la boulangerie et le bistrot sont fermés, comme un lundi. La guinguette de la halte nautique est ouverte.
Gergy - Seurre
Mardi 29 juillet
Aujourd’hui, ils sont matinaux.
La veille, en fin de journée, le ponton de Gergy s’est rempli, jusqu’à déborder. Dans la soirée, «l’autre» accueille à couple un bateau à la recherche désespérée d’un stationnement pour la nuit.
Ils doivent réveiller leurs voisins pour larguer les amarres à 8:00.
«L’autre» froisse délicatement la surface lisse de la rivière.
Après 3.25 heures de navigation pour 26 kilomètres et 1 écluse, ils amarrent le bateau à Seurre.
Seurre
Mercredi 30 juillet
«L’autre» est en eau connue.
A bâbord, la carte postale de Seurre : le pont et les immeubles emblématiques du quai de Saône ; à tribord, les voisins du port ; à la proue, l’Ile du Pont et la rivière ; à la poupe, les gradins du quai et la Ginguette.
La saison dernière, ils ont rencontré un couple de marins d’eau douce résidant à Seurre qui leur propose aimablement de les accompagner en voiture pour des courses encombrantes. Ils remplissent le réservoir d’eau du bateau et prennent soin d’eux.
La journée est trop avancée pour larguer les amarres.
Seurre - Saint-Jean-de-Losne
Jeudi 31 juillet
«L’autre»est parti pour rester.
A quelques 200 mètres du port, la dernière grande écluse de la Saône les attend portes ouvertes. Ils sont seuls sur la rivière. Les équipages des bateaux de location qui ont passé la nuit à Seurre ne sont pas encore réveillés.
Après 2.25 heures de navigation pour 17 kilomètres et 1 écluse, ils amarrent le bateau au ponton curieusement vide du camping les Herlequins à Saint-Jean-de-Losne.
Ici, «l’autre» se sent un peu chez-lui. Il ne compte plus les escales faites et le plus souvent prolongées. Ils annoncent d’emblée trois nuits de stationnement.
Saint-Jean-de-Losne
Vendredi 1er août.
Le ciel est indécis.
Il hésite entre nuages pluvieux et éclaircies timides.
Ils remettent à demain l’excursion en ville. Ils ont le temps. Ils avaient décidé d’une escale de trois nuits au moins.
«L’autre» n’est plus seul au ponton. Un bateau est venu attendre que passe l’orage annoncé.
Saint-Jean-de-Losne
Samedi 2 août
La nuit, l’orage les a épargnés, pas la pluie.
Sous le ciel maussade, ils vont chercher l’éclaircie chez Jeanne, dans son joyeux désordre coloré. Celles et ceux qui ont suivi «l’autre» lors de ses nombreuses escales à Saint-Jean-de-Losne savent qui est Jeanne, la tenancière du bar à tapas «Si par hasard...»..jpg)
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Saint-Jean-de-Losne
Dimanche 3 août
Les nuages se sont un peu dissipés durant la nuit. Ils alterneront avec les éclaircies durant la journée.
Un temps à faire une lessive et sécher le linge au soleil. Ils prolongeront d’une nuit l’escale à Saint-Jean-de-Losne. Ils ne largueront pas les amarres sans aller dire au revoir à Jeanne ce soir.
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