Petite Saône (Saint-Jean-de-Losne - Ray-sur-Saône)

Saint-Jean-de-Losne - Auxonne
Lundi 4 août

Parfois les pontons sont encombrés.
C’est le cas lorsqu’ils arrivent à Auxonne. Ils avaient pourtant quitté Saint-Jean-de-Losne vers 9:00 pour arriver à destination en fin de matinée. Au bon moment pensaient-ils, le moment où les bateaux qui ont décidé de larguer les amarres sont déjà partis, où ceux qui feront escale ne sont pas encore arrivés. Aujourd’hui ils ne trouvent aucune place libre aux pontons notamment squattés par des bateaux inoccupés. Ils amarrent «l’autre» à l’un d’eux, à couple, en attendant qu’une place se libère. D’autres ont fait de même avant eux. «Giacomo» un compagnon de port de Chagny que «l’autre» retrouve inopinément. Pendant que «l’autre» paressait à Fragnes et Saint-Jean-de-Losne, «Giacomo» a déjà fait une incursion à Dole, sur le canal du Rhône au Rhin, avant de rejoindre la Saône.
En début d’après-midi, une péniche libère un ponton. «Giacomo» et «l’autre» s’y installent.





Auxonne
Mardi 5 août

Les nuages retroussent la couverture pour le coucher du soleil.
C’était la veille. Aujourd’hui la couverture nuageuse ne laisse que peu de place au soleil.
Plusieurs bateaux ont repris la navigation, libérant les pontons de la halte fluviale. «L’autre» prolonge l’escale, comme il en a désormais l’habitude. Il n’est pas le seul.
Ils ne savent pas encore de quoi demain sera fait.







Auxonne
Mercredi 6 août

Personne ne bouge aux pontons de la halte nautique.
Un vent du nord soutenu calme les ardeurs. «L’autre» ne sera certainement pas le premier à larguer les amarres.
Au coin des rues, ils portent le regard sur les anciennes enseignes qui racontent discrètement une histoire des lieux. Le Crédit Lyonnais a remplacé les Antiquités avant d’aller voir ailleurs. Au Petit Bazar de J. Robin on trouvait de tout : des articles de ménage aux articles militaires en passant par les voitures d’enfants et les couronnes mortuaires. Ici l’enseigne est effacée. Ils ne sauront pas ce que présentait la belle devanture abandonnée.









Auxonne - Pontailler-sur-Saône
Jeudi 7 août

Le ponton sous les marronniers accueille «l’autre» bras ouverts.
Il a quitté Auxonne en compagnie de «Giacomo». Celui-ci vise Lamarche, «l’autre» poursuit sur Pontailler. Ils se reverront sans doute lors de prochaines escales.
Les prévisions annoncent une hausse sensible des températures. En ces circonstances, ils apprécient les marronniers de Pontailler qui offrent leur ombre dès la mi-journée.
«L’autre» soupire d’aise en observant perplexe les bateaux du port qui se dorent la pilule au soleil.








Pontailler-sur-Saône
Vendredi 8 août

«L’autre» somnole à l’ombre des marronniers.
Ils devront affronter une période de canicule. Vigilance orange pour ces prochains jours. Ils attendront des jours meilleurs sous la protection généreuse des arbres. Ce n’est pas la première fois qu’ils trouvent refuge à Pontailler, au ponton sous les marronniers. Ils connaissent le lieu et savent qu’ils peuvent prolonger l’escale agréablement.



Pontailler-sur-Saône
Dimanche 10 août

Seul le point-de-vue change.
Quand rien ne bouge, l’image inédite devient rare. Il faut la chercher. Elle se révèle à la descente d’un petit escalier qui conduit au bord de la Vieille Saône.
«L’autre» est toujours seul au ponton sous les marronniers. Ils attendent que le soleil calme ses ardeurs tout en sachant, sans se l’avouer, qu’ils finiront par larguer les amarres avant l’accalmie.



Pontailler-sur-Saône
Mardi 12 août

«L’autre» a de la compagnie.
A zoner sur la Saône depuis plusieurs saisons, à fréquenter les mêmes lieux, ils retrouvent des plaisanciers rencontrés au fil de l’eau. Ils sont invités à partager l’apéro en fin de journée à bord de «Eau claire de lune». Ils pensaient larguer les amarres aujourd’hui. Ce sera pour demain, à moins que les circonstances n’en décident autrement.



Pontailler-sur-Saône
Mercredi 13 août

Les circonstances en ont décidé autrement.
Ils avaient l’intention de larguer les amarres ce matin à destination de Mantoche. Là-bas le quai n’offre pas d’ombre aux bateaux. Là-bas par contre un bistrot-épicerie accueille les équipages. Ils ont découvert et apprécié l’endroit la saison dernière. Renseignements pris, le bistrot ferme aujourd’hui à 14:00 pour ne rouvrir que vendredi matin. Ils réservent une table pour vendredi soir. Autant patienter à l’ombre des marronniers qu’au soleil. Le pic de chaleur est prévu pour aujourd’hui : 38 degrés.



Pontailler-sur-Saône - Mantoche
Jeudi 14 août

Au fil de l’eau, le paysage est plus animé dans le rétroviseur.
Oui, ils ont fini par larguer les amarres. Ils en sont eux-mêmes un peu surpris. Destination Mantoche. Etape ordinaire de 3 heures pour 22 kilomètres et 2 écluses. «L’autre» se protège du soleil comme il peut en regrettant les marronniers de Pontailler. Eux s’installent à l’ombre du saule pleureur. Le bistrot-épicerie «La Capitainerie» ouvrira demain matin.





Mantoche
Vendredi 15 août

Ambiance de jour férié en période de vacances.
Les bateaux se protègent du soleil ; les équipages somnolent à l’ombre des saules. Le temps est ralenti ; l’atmosphère, chaude et moite. L’air retient son souffle. Même la Saône semble retenir son courant. Ce n’est pas aujourd’hui qu’ils largueront les amarres, ni demain. Ils viennent d’arriver.


Mantoche
Samedi 16 août

Les autres vont et viennent ; «l’autre» reste.
En attendant que le soleil se couche, ils alternent entre les fauteuils sous les saules et la terrasse du bistrot «La Capitainerie». Le pic de chaleur est passé. Les températures maximales baissent légèrement.







Mantoche
Dimanche 17 août

Une compagne inattendue s’est invitée pour la nuit.
La veille en début de soirée, une péniche de 38 mètres cherche une place au quai. «L’autre» se pousse pour l’accueillir.
Mantoche a connu des jours meilleurs. Le bar-restaurant de «Chez Mam’Zelle Marion» a fermé. Si le bistrot-épicerie «La Capitainerie» n’avait ouvert la saison dernière, il ne resterait comme commerce au village qu’un salon de coiffure, le «Carré Blond».





Mantoche - Gray
Lundi 18 août

L’étape fut courte ; l’escale sera brève.
Moins d’une heure pour moins de sept kilomètres, sans écluse.
«L’autre» garde de Gray quelques bons souvenirs : ceux des moments partagés avec «Anima».
Au fil des escales, ils ont l’impression d’en avoir fait le tour. Ils ont dressé l’inventaire photographique des devantures de commerces fermés. Depuis la saison dernière, ils ne s’y attarderont pas plus que nécessaire : le temps de compléter les provisions, de laver le linge sale et de prendre un verre à la terrasse de la Brasserie des Bateliers, en face de l’écluse, à la santé «d’Anima».
Demain ils largueront les amarres pour une étape un peu plus sérieuse.







Gray - Savoyeux
Mardi 19 août

La Saône méandre sous la lumière oblique du matin.
Ils se sont levés plus tôt que d’habitude. Ils savent qu’ils ont devant eux plusieurs heures de navigation. Ils en prendront 4 pour parcourir les 27 kilomètres, franchir les 4 écluses et le tunnel qui les séparent de Savoyeux. Le port, géré par l’entreprise Saône-Plaisance, est occupé à l’année par de nombreux bateaux de particuliers. «L’autre» trouve une place au ponton pour visiteurs.
Le ciel s’est couvert. Météo-France prévoient des averses orageuses pour la fin de la journée, la nuit et le lendemain.









Savoyeux
Mercredi 20 août

«L’autre» reste seul au ponton pour visiteurs, sous un ciel pluvieux.
Des bateaux s’y arrêteront pour une pause à la mi-journée ; d’autres, en fin de journée pour y passer la nuit. Rares sont ceux qui prolongeront l’escale.
Après la «longue» étape de la veille, considérant les prévisions météo, ils ont décidé d’une escale de deux nuits. Ils attendront que le paysage sèche.
Ils auraient pu manger ce soir «Chez Berthe» à 15 minutes à pieds du port. Ils ont préféré réserver «Chez Yvette» à Ray-sur-Saône pour demain soir.





Savoyeux
Jeudi 21 août

Le paysage est trop mouillé pour naviguer.
Il a plu sans discontinuer toute la nuit ; de même toute la journée. Il ne manquerait plus que la Saône se mette en crue, après la sécheresse et la canicule.
Ils attendront l’éclaircie prévue pour demain. Ils reportent d’un jour la réservation pour le repas du soir «Chez Yvette» à Ray-sur-Saône.



Savoyeux - Ray-sur-Saône
Vendredi 22 août

La Petite-Saône prend des airs de rivière sauvage.
Ils ont pris leur temps avant de larguer les amarres. L’étape sera brève : une bonne heure pour atteindre Ray-sur Saône à moins de dix kilomètres. Rien ne sert de partir trop tôt. Ils veulent arriver en fin de matinée, après les escales de la nuit, avant les pauses de midi. Bien visé : un seul bateau fait escale au pied de l’église et du château de Ray-sur-Saône.
Les pontons de la halte seront tous occupés dans le courant de la journée.







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire