Saône (Gray - Verdun-sur-le-Doubs)

Lundi 8 juillet

C’est un jour à naviguer.
Selon les prévisions, la température ne devrait pas excéder 24 degrés. Ils peinent à y croire. Ils quittent Gray vers 8:30 pour redescendre la Saône. «Anima» dort encore. Ils ont pris congé de l’équipage la veille au soir. «L’autre» creuse son sillage dans une rivière tranquille, à peine froissée par un agréable vent du nord. La famille de cygnes s’en amuse. Les écluses sont bienveillantes. Ils atteignent Pontailler-sur-Saône après 3.50 heures de navigation. Ils avaient mis 4.25 à l’aller. «L’autre» est amarré, comme d’habitude, sous les marronniers. L’Hostellerie des Marronniers est fermée. Ils s’en doutaient.






Mardi 9 juillet

Ils quittent Pontailler-sur-Saône vers 9:00.
L’étape sera plus courte que la veille: 18 km et 1 écluse pour atteindre Auxonne. La petite Saône déroule ses méandres sous un ciel sans nuage. Le bateau jaune montant a préparé l’écluse. Ils repèrent l’endroit où ils s’étaient réfugiés lors de la canicule. Après un peu plus de deux heures de navigation, ils amarrent le bateau à la halte municipale d’Auxonne. Ils connaissent le chemin vers la terrasse de la rue du Bourg. Ils y prennent un verre à la santé de l’équipage «d’anima».






Mercredi 10 juillet

La nuit fut calme. La vigie de «La Buba» veillait.
Ils quittent Auxonne vers 8:30 pour une petite étape, comme la veille: 18 km et 1 écluse pour atteindre Saint-Jean-de-Losne. Ils ne trouvent pas de places libres au ponton du camping et amarrent le bateau au quai du centre ville. Ils seront plus proches de leur terrasse. Elle est ouverte, ils le savaient. Jeanne a complété la décoration. L’équipage «d’Anima», qui les a précédés la veille, a laissé un message poste restante.








Jeudi 11 juillet

L’étape sera encore plus courte que celle de la veille.
Ils larguent les amarres vers 9:15 sous un ciel voilé. Ils ne souffriront pas de la chaleur et ne s’en plaindront pas. Depuis Saint-Jean-de-Losne, la Petite Saône se fait grande; l’écluse aussi. Après 15 kilomètres et deux petites heures de navigation, ils amarrent le bateau au quai de Seurre. «L’autre» est rejoint par «Renoir» rencontré en 2015 à Auxonne. Au fil de l’eau, la rencontre est éphémère; la retrouvaille, improbable.







Vendredi 12 juillet

Les étapes se succèdent à un rythme inhabituel.
Ils devront déranger la maman cygne qui a amené sa progéniture aux bateaux pour le petit-déjeuner. Ils quittent Seurre vers 9:15. Voilà cinq jours qu’ils larguent les amarres chaque matin. C’est pas dans leurs habitudes. C’est comme s’ils étaient pressés. L’écluse d’Ecuelle les attend portes ouvertes. Elle sera prête pour «Caramia» qui convoie un curieux petit bateau. Sur une pile du Pont de Bragny l’affiche rappelle aux distraits de ne pas oublier de prendre le Doubs à bâbord pour atteindre Verdun. Ils connaissent le chemin. Après deux heures et quart de navigation ils amarrent le bateau et retrouvent le paysage familier de leur premier port d’attache.








Samedi 13 juillet

Cela fait plus de 50 jours qu’ils vivent au fil de l’eau. Ils ont parcouru plus de 300 kilomètres, franchi 37 écluses, navigué 45 heures. Et ils font escale à Verdun-sur-le-Doubs pour la troisième fois. La première fois après avoir rejoint le bateau à Seurre; la deuxième, en remontant la Saône, après l’incursion sur le canal du Centre; la troisième, en redescendant la Saône depuis Gray. Ils n’ont pas été bien loin dans leurs allers-retours hésitants.
Les nénuphars et les herbes envahissent l’extrémité nord du port. «L’autre» a eu quelque difficulté à s’installer. Si les herbes prolifèrent encore, il aura de la peine à repartir.
Ils quitteront le bateau quelques semaines pour retrouver leur domicile sur terre ferme. Dans l’attente de retrouver «l’autre», ils referment le cahier de bord.



Jeudi 15 août

Ils ont retrouvé le bateau mardi, sous le soleil, à Verdun-sur-le-Doubs, après un mois sur terre ferme.
«L’autre» les attendait patiemment, un peu poussiéreux. Ils peinent à rouvrir le carnet de bord. Ils attendront sans doute de reprendre la navigation pour le faire; le temps de retrouver le rythme de la vie à bord, la discipline de la photographie et de l’écriture.



Vendredi 16 août

Le ciel hésite entre le soleil et les nuages.
Quand ils font escale à Verdun-sur-le-Doubs, il prennent leur temps. Ils ne savent pas encore quand ils largueront les amarres. Ils ont achevé le nettoyage du bateau, mais ne sentent pas encore l’envie de reprendre la navigation. Ils traversent le Doubs et partent à la recherche de points-de-vue inédits sur le port et «l’autre».







Samedi 17 août

Le ciel s’abandonne aux nuages, en hésitant encore un peu.
Ils longent le Petit-Doubs, avant de déambuler dans le centre ancien de Verdun-sur-le-Doubs. Ils ont toujours le regard attiré par les façades dont les badigeons délavés racontent l’histoire par bribes. Le 6 de la rue du Pont a fermé boutique. La diversification de l’offre n’aura pas suffi: des cycles, armes et machines à coudre aux jouets et articles de camping, en passant par les articles de chasse et les télévisions. Le temps révèle autant qu'il efface.





Dimanche 18 août

Ils prolongent l’escale à Verdun-sur-le-Doubs.
Le ciel s’est couché nuageux; il se lève ensoleillé. Il se couvre dans l’après-midi, devient menaçant et orageux en fin de journée. Un ciel trop inconstant pour être digne de confiance. Ils attendront pour larguer les amarres, demain ou après-demain. Dimanche est jour de repos.



Lundi 19 août

La veille au soir, ils ont échappé à l’orage, pas à la pluie.
Ils largueront les amarres mercredi. Ils doivent encore compléter les provisions et déguster une friture de poissons à la capitainerie avant de quitter Verdun-sur-le Doubs. Pour demain mardi, les prévisions annoncent de la pluie. Donc ce sera mercredi. Ils le disent et l’écrivent, pour ne pas succomber à la procrastination.



Mardi 20 août

La nuit à Verdun-sur-le-Doubs, l’ancien poste de péage veille sur le port.
A la recherche des ruelles dérobées qu’ils apprécient, ils découvrent un vieil escalier qui conduit à un ancien quai du Doubs. Les provisions sont faites. La cuve d’eau est pleine. «L’autre» commence à s’impatienter. Ils confirment: demain ils largueront les amarres.



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